L'Histoire par l'autre bout de la lorgnette

Voyage en train entre bordeaux et le bassin d'Arcachon en 1845, Oscar Dejean

« La cloche a sonné, le dernier coup de sifflet du chef de gare a retenti, la locomotive a jeté son cri de liberté, elle s’élance sur les rails... Nous voilà donc en route ; dans deux heures nous serons à La Teste, après avoir parcouru, sans fatigue et sans ennui, près de 53 kilomètres. Aussi la vapeur nous remorque-t-elle de plus en plus vite, et c’est à peine si nous avons le temps de jeter en passant un coup d’oeil sur les délicieuses villas, les excellents vignobles qui bordent le chemin des deux côtés. »

Rédigé quatre ans après l’ouverture, en 1841, de la ligne de chemin de fer Bordeaux-La Teste, le texte d’Oscar Déjean nous convie à effectuer de nouveau le voyage, véritable aventure en cette première moitié du 19e siècle, depuis la capitale urbanisée de la Guyenne, en passant par la lande sauvage, les premières forêts de pins, jusqu’aux rives encore méconnues et mystérieuses du bassin d’Arcachon.
Une découverte pour le voyageur de l’époque et une passionnante
remontée dans le temps pour le lecteur de ce 21e siècle.


 Le bas du pavé

Au Moyen Âge, l’expression « tenir le haut du pavé » résumait à elle seule le degré des inégalités sociales.

Les rues des villes qui étaient pavées, et dépourvues de trottoir, avaient une forme concave, afin qu’en leur milieu les eaux usées et les ordures puissent s’écouler. Il était donc préférable de marcher en leur partie haute, près des habitations. Mais, lorsqu’une femme ou un homme du peuple croisaient un noble, un membre de la « haute société », ils laissaient le passage propre et sec, le haut du pavé, au « grand homme » et marchaient dans l’égout à ciel ouvert. Ainsi en allait-il des convenances.           Et depuis, c’est toujours de ce fameux « haut du pavé »que l’Histoire a été racontée et écrite.            

Les éditions Le bas du pavé proposent un autre point de vue, celui des « gens de peu », des humbles, des anonymes, s'’inspirant de la citation d’Howard Zinn : « Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’Histoire sera racontée par les chasseurs »...  Le point de vue des femmes et des hommes auxquels étaient réservés le bas du pavé... 

A travers sa collection « Hors sentiers », Le bas du pavé réédite également des textes anciens en lien avec l'Histoire locale, toujours indispensables pour comprendre le présent et l'évolution d'une ville, d'une région.